Le Grand Livre - Connie Willis

by - 12.10.17


Rangez vos pantalons en velours côtelé, vos ronds de cuire, votre pipe, vos vieux livres et tout autre cliché sur les historiens : depuis l'invention du transmetteur temporel, étudier le passé n'a plus rien d'une discipline poussiéreuse. Cette machine révolutionnaire permet aux professeurs de l'université d'Oxford de se rendre au cœur même des événements qu'ils auscultent. Kirvin Engle sait tout ce qu'il faut savoir sur le Moyen-Age : langue, habitudes, vêtements... Pas un détail ne doit lui échapper, au risque de trahir sa véritable identité. Elle a tout prévu. Tout, sauf de débarquer au plus fort de la pire épidémie de peste que le monde ait jamais connue.

Editions : J'ai Lu
Langue : français  Pages : 702


Le Grand Livre est un roman de science-fiction qui raconte une histoire pas si improbable que cela. Les universités ont à leur disposition une machine permettant de remonter le temps. Les historiens peuvent donc voyager vers les époques qui les intéressent. Cet outil de recherche semble idéal. Kirvin veut se rendre au Moyen-Âge, coûte que coûte. Elle prend toutes les précautions nécessaires : elle reçoit des vaccins, elle se fabrique des vêtements d'époque, apprend les langues dont elle aura besoin... Mais rien n'aurait pu la préparer à ce qu'elle va vivre. En raison d'une erreur technique, elle se retrouve en pleine épidémie de peste. Et personne ne peut la ramener parce que la seule personne avec les connaissances techniques nécessaires est tombé malade, initiant ainsi une autre épidémie, à Oxford, dans le présent. 

Le roman questionne notre relation au temps et on se demande jusqu'où va la science. L'auteur montre les limites du voyage dans le temps : il y a toujours un certain décalage, allant parfois jusqu'à plusieurs jours. Et les erreurs peuvent être dramatiques, comme dans le cas de Kirvin. Les historiens doivent aussi faire très attention à ce qu'ils disent lorsqu'ils sont dans une autre époque pour éviter les anachronismes. Imaginez seulement qu'en arrivant en pleine épidémie de peste, Kirvin explique à la population comment guérir ? Vous imaginez les conséquences sur le futur ?

J'aime beaucoup aussi la manière dont deux épidémies sont mises en parallèle. On se rend compte que malgré les siècles d'écart, certains problèmes ne changent pas. La médecine a beau évoluer, la mort des proches reste toute aussi douloureuse. Et la science est impuissante tant que le virus n'est pas identifié. Sans parler de la contagion qui est difficilement évitable.

Il y a quand-même quelques points négatifs. Cela me paraît peu probable qu'une seule personne se soucie du fait que Kirvin est coincée au Moyen-Age. Un voyage dans le temps ne peut pas être banalisé au point que seulement quelques personnes savent comment le faire. Quant à l'écriture, je n'ai pas vraiment réussi à me plonger dedans. J'ai eu de la peine à m'identifier aux personnages. C'est peut-être dû aux constants allés et retours entre le Moyen-Age et le présent.

Par contre, j'ai beaucoup aimé le parallèle entre les deux époques. Comme la zone géographique ne change pas, les cloches des églises fonctionnent comme fil rouge. Les mêmes cloches sonnent au Moyen-Age et au présent.

Ce roman fait réfléchir. Ce sont des thèmes qui pourraient devenir actuels un jour. J'adore tout ce qui a trait à la manipulation du temps. C'est passionnant ! Et il y a aussi la question de la fatalité. On sait que la peste a décimé un tiers de la population européenne. Les personnes que rencontre Kirvin vont donc probablement mourir. La jeune femme en est consciente et elle réfléchit beaucoup à l'attitude qu'elle doit adopter. C'est aussi un roman avec du suspens. On ne sait pas comment va évoluer l'épidémie du présent. Qui va mourir ? Qui va survivre ?

En bref, je ne lis pas beaucoup de romans de science-fiction mais celui-ci je le recommande. 

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